Je choisis tout
- ldessaints
- il y a 3 jours
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Ste Thérèse de l’enfant Jésus a dit « Je choisis tout ». Ses derniers mots ont été « Tout est grâce ».
Je ne comprenais pas ses enseignements et les réservais aux mystiques, aux gens de bien qui comprenaient ses mots.
J’ai longtemps cru que le fait de tout choisir, était de ne pas choisir, et me laisser choisir par les opportunités, les coups du destin, ou d’être dans l’urgence de prendre pour n’en perdre aucune miette.
Je me suis laissée choisir en amour, parce que je ne me pensais pas assez...
J'ai choisi une carrière dans l'informatique parce j'en avais peur.
J'ai choisi d'avoir un esprit bien rempli par honte de ne pas savoir.
Il y avait comme une hyperphagie à consommer des apprentissages, des connaissances, des compréhensions, des certifications.
Il y avait comme une urgence de voir le compteur de ma vie avancer et de réaliser que le temps pourrait me manquer.
Il y avait comme une peur de ne pas avoir l’énergie suffisante pour tout faire, de tout voir, de tout savoir.
Depuis 5 ans j’ai choisi de rattraper ce temps perdu par mon manque de courage ou d’audace, par cette peur d’oser, par cette honte du manque,
J’ai choisi de n’avoir de temps et d’énergie qu’à cela sans comprendre qu’apprendre n’était pas une fin en soi.
J’ai appris un métier, je me suis spécialisée. Puis j’ai entamé l’apprentissage d’un nouveau métier pour me sentir assez.... Mais j'étais déjà dans le trop.
Et pendant que ma tête se remplissait, mon corps se perdait dans ces errances, abandonnait progressivement sa résistance.
Je suis faite de ce bois qui plie mais jamais ne rompt.
Et ce bois si souple et si résistant montre des signes de lassitude et se fendille.
Un dos bloqué d’avoir porté plus qu’il ne pouvait, un dos qui me dit « comment vouloir porter le monde, si tu n’arrives pas à supporter le jour qui se lève".
Des genoux noués qui me figent dans un immobilisme muet.
Une mâchoire qui s’est si souvent serrée pour avaler des couleurs, qu’elle ne sait plus se libérer pour enfin crier, chanter.
Ce corps que j’ai détesté, modelé, appris a aimé quand il a porté la vie parce qu’il était l’instrument de plus grand que moi.
Un corps presque étranger, comme cet amour perdu qu’on regarde au passé pour réaliser qu’il était beau en fait.
“Isn't it strange
How people can change
From strangers to friends
Friends into lovers
And strangers again”
Je commence à comprendre les mots de Ste Thérèse quand elle dit aujourd’hui, « je choisis tout ».
Je choisis de prendre ce que j’ai sans vouloir cet ailleurs qui n'est pas à moi, qui n'est pas moi.
Je choisis de fleurir mon jardin en l'arrosant de l'amour qui est en moi, et que je reçois.
Je choisis ce corps qui me porte et me protège qui est parfait à cet instant.
Je choisis mon rôle de mère car c’est en lui que je puise ma résistance.
Je choisis de ne pas tout savoir, et de devoir apprendre jusqu’à mon dernier souffle.
C’est ainsi qu’est la grâce.
La grâce d’être dans l’émerveillement.
La grâce d’être enseignable,
La grâce d’être dans l’amour véritable.
Je choisis d’ être ignorante pour découvrir ce qu’est l’intelligence.




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